Etats-Unis et Europe jouent la réconciliation au sein du G8

Published June 1st, 2003 - 02:00 GMT
Al Bawaba
Al Bawaba

Le sommet d’Evian, qui s’ouvre aujourd’hui, effacera-t-il les séquelles de la guerre en Irak ? Une «rencontre élargie» du G8 aux promoteurs du NEPAD dont Abdelaziz Bouteflika devait, dès hier, rappeler l'amère réalité socio-économique du tiers-monde. 

 

Sur un air de réconciliation euro-américaine, la tenue de ce sommet du groupe des pays les plus industrialisés de la planète, les «maîtres du monde», également appelé «club des riches» (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie, Etats-Unis, Canada et Japon), risque de se contenter d’un effleurement des problèmes socioéconomiques de l’écrasante majorité de la population mondiale. 

 

Cela apparaît plausible d’autant que la conjoncture sied parfaitement aux principales parties de ce groupe, les Etats-Unis d’un côté et les membres de l’Union européenne de l’autre, pour tenter le replâtrage des séquelles laissées par la guerre en Irak sur leurs relations.  

 

Les divergences dans les intérêts de ces deux blocs sont importantes et le déséquilibre serait loin de la quasi-parité entre leurs deux monnaies, le dollar et l’euro.Le président américain, en quête de réélection, devra batailler sur le plan économique s’il veut bien sûr éviter le sort des républicains devant l’arrivée à la Maison-Blanche de Bill Clinton durant la décennie écoulée.  

 

«Pas de confrontation» à Evian, tempère Bush. Mais cela ne représente pas grand-chose dans l’éventualité d’un retour rapide au cadre de la légitimité internationale, l’Organisation des Nations unies (ONU).  

 

Cette perspective de renouvellement onusien passera cependant par le Proche-Orient, et spécialement par le conflit palestinien et israélien. Ce qui explique comment Bush s’est mis sur les traces de Clinton qu’il vilipendait sur cette question il y a quelques années à peine. Mais, depuis, il y a eu notamment le 11 septembre 2001.  

 

A l’occasion de sa visite hier en Pologne, le président américain a déclaré à Cracovie que «l’Amérique et les pays européens doivent faire face à la menace du terrorisme mondial. Chaque nation a été confrontée à des choix difficiles sur l’utilisation de la force pour préserver la paix. Nous avons vu l’unité et la recherche de buts communs, nous avons aussi vu des débats, certains sains et d’autres porteurs de divisions».  

 

Jacques Chirac, président du pays hôte, a formulé à ce propos son «vœu» de ne pas voir les «divisions» enregistrées au sein de la communauté internationale sur la guerre des Américano-Britanniques en Irak altérer les relations entre les membres du G8. Ce vœu semble être partagé par l’ensemble de la composante de ce groupe.  

 

C’est du côté de ce groupe que lorgnent les opinions publiques afin que soit aidé le tiers-monde sur le plan socioéconomique. Néanmoins, côté opinion américaine, la priorité va en premier vers la sécurité et la guerre contre le terrorisme. Pour preuve sur l’importance de ce dernier thème, le sommet du G8 se tient aujourd’hui sous des normes draconiennes autour du lac Leman. Les antimondialistes répondent encore présents même si leur dénomination s’est mue en «altermondialistes».  

 

Et à Annemasse, c’est sous la bannière «G8 illégitime» qu’ils comptent réitérer leurs positions. C’est un club au service d’intérêts des multinationales, résument les associations et organisations qui animent ce front antimondialiste. L’unilatéralisme économique contre la volonté de la majorité pauvre du globe.  

 

Comme à l’accoutumée, la principale revendication de ces groupes reste la demande d’annulation des dettes du tiers-monde qui s’élèvent à des centaines de milliards de dollars. Il est à noter, enfin, qu’Abdelaziz Bouteflika s’est envolé hier vers Evian pour prendre part à la «rencontre élargie» du G8 en sa qualité de président d’un des pays promoteurs du NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) et, aussi, à un «dialogue» entre les huit membres du G8 et une vingtaine de représentants de pays émergents.  

 

La décision de Bouteflika d’annuler tous ses engagements internationaux, au lendemain du séisme du 21 mai, a été donc revue comme le dénote son départ hier vers Evian où se déroule le sommet du G8 jusqu’à mardi prochain.  

 

Par Younes Hamidouche 

 

(La Tribune

 

 

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